1. En un coup d’œil

Public Résidents Vérifié le 26 mai 2026 Lecture 9 min de lecture
  • L’assurance-maladie de base (LAMal) est obligatoire dès la prise de domicile en Suisse, avec un délai de 3 mois pour s’affilier.
  • Si l’affiliation intervient dans ces 3 mois, la couverture est rétroactive au jour d’arrivée : les frais médicaux sont remboursés et les primes dues depuis l’arrivée.
  • Au-delà de 3 mois, deux conséquences cumulatives : pas de couverture rétroactive sur les frais déjà engagés, et affiliation d’office par le canton, qui fait perdre le libre choix de la caisse.
  • À Genève, le subside cantonal (SAM) peut couvrir une partie ou la totalité de la prime, mais pour un nouvel arrivant la demande est active : elle n’est pas automatique.
  • Chaque membre du foyer, adulte comme enfant, doit être assuré individuellement.

2. Pourquoi cette page existe

Trois confusions reviennent à chaque arrivée à Genève, et chacune coûte de l’argent.

La première est de croire que le délai de 3 mois est une simple recommandation, sanctionnée par un supplément de prime qu’on peut accepter comme un coût de retard. C’est faux : au-delà des 3 mois, la couverture n’est plus rétroactive, et le canton procède à une affiliation d’office qui supprime le libre choix de la caisse. Le supplément n’est qu’une des trois conséquences.

La deuxième est de penser que le subside SAM tombe automatiquement quand on y a droit. C’est vrai pour les résidents établis dont la taxation fiscale est entrée en force. Pour un nouvel arrivant, le canton ne connaît pas encore les revenus : aucune attribution automatique n’est possible avant la première taxation. La demande doit donc être déposée activement, sinon le subside est perdu pour l’année.

La troisième est de confondre l’assurance de base (LAMal) et les complémentaires (LCA). La LAMal est obligatoire, ses prestations sont identiques chez tous les assureurs, seule la prime varie. Les complémentaires (médecine alternative, chambre privée, dentaire) relèvent du droit privé des contrats, sont facultatives et hors du périmètre de cette page.

3. Le cadre juridique

L’obligation d’assurance résulte de la loi fédérale sur l’assurance-maladie (LAMal). Toute personne domiciliée en Suisse doit s’assurer pour les soins en cas de maladie dans les trois mois qui suivent sa prise de domicile . La date de référence est celle du domicile effectif, pas celle de l’obtention du permis de séjour, qui peut intervenir plusieurs mois plus tard.

Le libre choix de la caisse est posé à l’article 4 LAMal : l’assuré choisit son assureur parmi la liste des assureurs admis par l’Office fédéral de la santé publique . Les assureurs ont l’obligation d’accepter sans réserve toute personne soumise à l’assurance obligatoire, quel que soit son âge ou son état de santé. Les primes diffèrent d’une caisse à l’autre, mais les prestations couvertes sont strictement identiques : elles découlent de la loi.

Le changement de caisse est régi par l’article 7 LAMal : il intervient au 31 décembre, avec un préavis qui dépend du modèle d’assurance et de la franchise choisie. Il est plus contraint que ce que la communication des assureurs laisse penser, et c’est traité plus bas.

L’exécution de l’obligation d’assurance est cantonale. À Genève, c’est le Service de l’assurance-maladie (SAM) qui contrôle l’affiliation, prononce les affiliations d’office et instruit les demandes de subside.

4. Pièges avant procédure

Piège

Croire que dépasser les 3 mois coûte « juste » un supplément de prime. Trois conséquences se cumulent. D’abord, la couverture ne déploie ses effets qu’à partir de l’affiliation : les frais médicaux engagés pendant la période non couverte restent intégralement à charge. Ensuite, l’assureur peut prélever un supplément de prime entre 30 et 50 % de la prime, perçu sur le double de la durée du retard , plafonné à 5 ans. Enfin, le canton procède à une affiliation d’office, qui supprime le libre choix de la caisse : on est affilié sans considération de la prime.

Piège

Croire que le subside SAM est attribué automatiquement. L’attribution automatique fonctionne pour les résidents dont la dernière taxation fiscale cantonale est entrée en force. Pour un nouvel arrivant, aucune taxation n’existe encore : la demande de subside doit être déposée activement auprès du SAM . Sans cette démarche, le droit n’est pas examiné et le subside est perdu pour l’année concernée.

Piège

Confondre LAMal et complémentaires (LCA). L’assurance de base couvre un panier de prestations identique chez tous les assureurs, fixé par la loi. Les complémentaires (LCA) couvrent ce qui est exclu : médecine alternative, chambre privée à l’hôpital, soins dentaires courants, certaines lunettes, médicaments hors liste. Elles sont facultatives, relèvent du droit privé des contrats et peuvent être refusées par l’assureur. Comparer deux offres de caisse impose de distinguer ces deux blocs : à prestations LAMal identiques, seule la prime de base est comparable d’un assureur à l’autre.

Piège

Croire que le conjoint et les enfants sont couverts par votre contrat. Chaque membre de la famille, adulte et enfant, est assuré individuellement . Le nouveau-né doit être affilié dans les 3 mois suivant sa naissance, à la diligence des parents. Une famille de quatre personnes paie quatre primes, calculées chacune sur l’âge et la résidence de la personne assurée. Les enfants jusqu’à 18 ans ont une franchise légale à zéro, et les contributions hospitalières journalières ne s’appliquent pas à eux.

5. Comment ça marche en pratique

Choisir une caisse

Toutes les caisses agréées par l’OFSP proposent la même assurance de base LAMal. À prestations égales, la prime varie selon trois axes : l’assureur lui-même, la région de prime (Genève est en région 1, la plus chère), et la franchise choisie. Le calculateur officiel de la Confédération, sur priminfo.admin.ch, donne les primes 2026 par âge, canton et franchise.

La liste des assureurs autorisés à pratiquer à Genève est publiée par le SAM. Le choix se fait en envoyant une demande d’affiliation directement à l’assureur retenu, avec copie du contrat ou du permis de séjour. La caisse établit un certificat d’assurance qui devra ensuite être transmis au SAM.

S’affilier et transmettre la preuve au SAM

Trois étapes, dans cet ordre, pour clore la procédure.

D’abord, choisir un assureur dans la liste OFSP et lui adresser la demande d’affiliation. La date d’effet est le jour de la prise de domicile à Genève, pas la date de signature du contrat.

Ensuite, dès réception du certificat d’assurance par la caisse, en envoyer copie au SAM au plus tard 3 mois après la domiciliation . Le SAM envoie en pratique un courrier d’information dans les jours qui suivent l’inscription à l’OCPM ou en commune : la démarche y est rappelée.

Enfin, mettre de côté la trésorerie pour la première facture. La caisse facture les primes rétroactivement depuis le jour de l’arrivée : il faut prévoir l’équivalent de plusieurs mois de prime en début de séjour. À Genève, la prime moyenne adulte 2026 dépasse 600 CHF/mois, ce qui peut représenter 2 000 CHF facturés d’un coup à l’activation du contrat.

Demander un subside SAM

Le subside cantonal d’assurance-maladie réduit la prime de base. Il est versé directement à la caisse par le canton, qui le déduit de la prime due chaque mois.

Pour un nouvel arrivant, l’attribution n’est pas automatique : il faut déposer une demande active. La demande se dépose en ligne sur ge.ch ou par correspondance auprès du SAM. Elle est calculée sur le revenu déterminant unifié (RDU), à partir des revenus actuels (fiches de salaire ou contrat de travail) à défaut de taxation cantonale.

Le SAM communique sa décision directement à la caisse d’assurance, qui ajuste la facturation. Le subside n’est pas versé à l’assuré, ni en numéraire.

Détail complet du mécanisme — RDU, sept catégories en demande active, barème 2026 par groupe — sur Demander le subside d’assurance-maladie à Genève (SAM).

Intégrer la famille

Chaque membre du foyer s’affilie séparément, dans le même délai de 3 mois. Pour un nouveau-né, le délai court à partir de la naissance.

Pour une famille dont le ou les conjoints et les enfants viennent simultanément en Suisse, le pragmatique est d’affilier tout le monde à la même caisse. La logique : simplification des contacts, rabais famille fréquent. Aucune obligation légale en ce sens — chaque personne peut formellement choisir une caisse différente.

Si un membre de la famille reste résident à l’étranger (UE/AELE), les règles changent selon le pays de résidence. C’est traité en zone grise.

Changer de caisse plus tard

Le contrat LAMal n’est pas figé. L’assuré peut résilier au 31 décembre moyennant un préavis de 3 mois (donc résiliation à recevoir par la caisse au plus tard le 30 novembre) . Avec la franchise ordinaire, une résiliation au 30 juin est également possible (préavis 3 mois, soit fin mars).

Deux cas particuliers ouvrent des fenêtres supplémentaires. Quand l’assureur annonce une hausse de prime pour l’année suivante, l’assuré dispose d’un délai d’un mois à compter de la notification pour résilier — concrètement, fin octobre ou fin novembre selon la date d’envoi de la nouvelle prime. Et le changement de caisse pour cause de déménagement (changement de canton) ouvre aussi un droit de résiliation immédiat.

Un point bloquant : aucun changement de caisse n’est possible si l’assuré est en retard de paiement sur des primes ou des participations aux coûts.

Détail complet des trois fenêtres de résiliation, mécanique de continuité et notification SAM en cas de subside sur Changer de caisse d’assurance-maladie à Genève.

6. Zones grises

Zone grise

Conjoint ou enfants restés à l’étranger. Le régime applicable dépend du pays de résidence du membre de famille.

Trois familles de cas. Pour des pays comme la Belgique, la Pologne ou les Pays-Bas, le membre de famille sans activité doit s’assurer en Suisse auprès de la même caisse. Pour la France, l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie, un droit d’option est ouvert, selon les mêmes mécanismes que pour le frontalier. Pour le Royaume-Uni, l’Espagne ou le Portugal, l’affiliation reste dans le pays de résidence.

La typologie est mouvante et chaque cas se traite à la pièce avec le SAM et l’institution sociale du pays de résidence. La page ne tranche pas — c’est un cas individuel.

Zone grise

Frontalier qui devient résident. Pour un frontalier qui transfère son domicile à Genève, l’arrivée à la LAMal ne suit pas la mécanique standard des 3 mois exposée ici. La bascule s’accompagne d’une obligation de clore le droit d’option exercé côté frontalier (LAMal ou CMU), et la couverture rétroactive ne joue qu’à partir du jour du transfert de domicile, pas avant. Le pivot est traité dans la page sur la bascule frontalier→résident, et le droit d’option lui-même dans la page LAMal/CMU côté frontalier.

7. Pour aller plus loin

Sources officielles

ge.ch — Subside d’assurance-maladie (SAM)

Canton de Genève · Site officiel · FR

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