Public Résidents B, L et C établis à Genève Vérifié le 27 avril 2026

1. Ce qu’il faut retenir

L’Administration fiscale cantonale de Genève (AFC-GE) est l’interlocuteur fiscal du résident pour trois choses : la déclaration annuelle, le paiement des impôts par acomptes mensuels, et la communication courante sur le dossier (réclamations, demandes de renseignements, attestations). Trois principes opérationnels pour ne pas se faire piéger.

Premier principe : la déclaration d’impôt est obligatoire chaque année avant le 31 mars, même si vous n’êtes pas imposable . La date est fédérale, le système est cantonal — l’AFC traite ICC (cantonal et communal) et IFD (fédéral) en une seule procédure.

Deuxième principe : l’AFC pousse vers les e-démarches mais le courrier postal reste le canal officiel par défaut. Tant que la e-correspondance fiscale n’est pas activement choisie, tous les bordereaux, demandes de renseignements et notifications arrivent par voie papier sur l’adresse de l’OCPM. Adresse OCPM pas à jour = courriers AFC perdus.

Troisième principe : pour les nouveaux résidents arrivés en cours d’année et imposés à la source, le passage à la taxation ordinaire ultérieure (TOU) ou au statut de quasi-résident n’est pas automatique. Il se demande activement, avec un délai strict.

2. Le cadre légal

L’imposition des personnes physiques à Genève est régie par la loi sur l’imposition des personnes physiques (LIPP, rsGE D 3 08) , qui fixe l’assiette d’imposition (revenu et fortune) et les déductions admises. La procédure (délais, réclamations, taxation d’office) relève de la loi de procédure fiscale (LPFisc, rsGE D 3 17) .

Le système suit le principe postnumerando annuel : l’impôt est dû pour l’année où le revenu est obtenu, et le bordereau définitif est notifié l’année suivante après dépôt de la déclaration. Pendant l’année courante, le contribuable verse des acomptes provisionnels estimés sur la base de la dernière taxation connue, puis l’écart est régularisé par le bordereau définitif.

L’AFC traite à la fois l’impôt cantonal et communal (ICC) et l’impôt fédéral direct (IFD) — deux régimes juridiquement distincts mais administrativement intégrés à Genève. Le contribuable n’a qu’un seul interlocuteur, mais reçoit deux bordereaux (un ICC, un IFD) avec des barèmes et calculs séparés.

3. Le calendrier fiscal du résident

Le calendrier annuel s’organise autour d’une date pivot : le 31 mars.

Avant le 31 mars : déposer la déclaration

Tous les contribuables genevois — salariés, indépendants, étudiants, rentiers, propriétaires non résidents — doivent déposer leur déclaration de l’année précédente avant le 31 mars de l’année en cours. La déclaration peut être faite via le logiciel GeTax (téléchargeable et utilisable hors ligne) ou directement en ligne depuis l’espace fiscal des e-démarches. Les deux voies aboutissent au même résultat — la déclaration en ligne offre un pré-remplissage à partir de l’année précédente lorsque celle-ci a été transmise par voie numérique.

Demander un délai si nécessaire

Une demande de prolongation peut être déposée en ligne entre le 1er janvier et le 31 octobre, sans justification . Au-delà du 31 octobre, les prolongations sont accordées au cas par cas. Pour un contribuable récemment installé à Genève dont le domicile principal était dans un autre canton à la fin de l’année fiscale, le délai du canton de résidence peut être obtenu sur demande écrite avec mention « Accord canton domicile ».

Conséquences d’un retard

Sans dépôt ni demande de délai au 31 mars, l’AFC envoie un rappel ordinaire dans les semaines qui suivent. Le rappel est facturé 20 CHF depuis le 1er janvier 2026, contre 10 CHF auparavant . Sans réaction au rappel, l’AFC peut prononcer une taxation d’office — elle taxe sur la base d’estimations qui sont presque toujours défavorables au contribuable, avec un délai de réclamation strict de 30 jours après notification.

Pré-remplissage et responsabilité

La déclaration en ligne reprend automatiquement les données de l’année précédente. Le contribuable reste responsable de l’exactitude des chiffres déclarés , indépendamment du pré-remplissage. Les erreurs reprises d’une année sur l’autre ne sont pas régularisées par l’AFC — elles sont transmises telles quelles.

4. Acomptes, bordereaux, paiement

Le système des acomptes provisionnels

Pour l’ICC, le contribuable verse douze acomptes mensuels de janvier à décembre, calculés sur la base de la dernière taxation connue. Le délai de paiement de chaque acompte est fixé au 10 du mois suivant — l’acompte de janvier est dû au 10 février .

Trois modalités sont disponibles depuis 2025 : paiement annuel anticipé au 10 février avec rabais d’impôt de 0,5 % ; paiement en dix mensualités classiques de février à novembre ; paiement étendu sur douze mensualités jusqu’au 10 janvier de l’année suivante. Les comptes ICC peuvent être fusionnés avec l’IFD pour ne recevoir qu’une facture mensuelle unique.

Pour l’IFD, le bordereau provisoire est adressé en début mars sur la base de la dernière situation connue, en prévision du règlement annuel. Le contribuable peut payer ce bordereau provisoire ou attendre le bordereau définitif sans pénalité, à condition de régulariser dans les délais lorsque celui-ci arrive.

Le bordereau définitif

Une fois la déclaration traitée — comptez plusieurs semaines à plusieurs mois selon la complexité du dossier —, l’AFC notifie le bordereau définitif ICC et IFD. Ce document indique le montant final dû, déduit des acomptes versés, et calcule un éventuel solde à payer ou à rembourser.

Le contribuable dispose de 30 jours pour payer le solde et de 30 jours pour faire une réclamation contre le bordereau . Le délai de réclamation est strict — passé 30 jours, la taxation devient définitive et seules des voies extraordinaires (révision, remise) permettent de la contester.

Espace fiscal e-démarches

Le compte e-démarches de type vérifié est nécessaire pour accéder à l’espace fiscal. Sa création passe par un compte personnel, la communication du numéro AVS, et un envoi recommandé d’activation. Une fois activé, l’espace centralise toutes les démarches courantes : déclaration en ligne, gestion des acomptes, consultation des comptes d’impôt, accès aux courriers reçus sur les dix dernières années. Il porte également les démarches spécifiques comme les demandes de rectification de l’impôt à la source et la messagerie sécurisée pour échanger avec l’AFC. La e-correspondance fiscale, à activer explicitement, dématérialise les notifications — l’AFC informe alors par e-mail et SMS, le courrier papier disparaît.

5. Zones grises

Zone grise

Le délai de prolongation est officiellement automatique, mais conditionné en pratique. Le portail AFC accorde la prolongation en ligne sans demander de justification jusqu’au 31 octobre. La pratique observée par les fiduciaires genevoises tend à indiquer que les prolongations répétées peuvent être refusées si les acomptes ne sont pas payés régulièrement — l’AFC ne formalise pas cette doctrine sur son site, mais elle apparaît dans la documentation professionnelle. Pour le contribuable qui doit demander un délai, la voie sans risque consiste à être à jour sur les acomptes au moment de la demande.

Zone grise

La responsabilité du pré-remplissage en cas d’erreur reprise. L’espace fiscal pré-remplit la déclaration avec les données de l’année précédente. Si une erreur a été commise une année et qu’elle se répète mécaniquement par pré-remplissage, l’AFC ne la régularise pas d’office — c’est au contribuable de la corriger. La zone grise tient au partage du risque en cas de redressement : le contribuable a-t-il commis une erreur unique ou récurrente ? La doctrine n’est pas explicite, et le résultat dépend de l’instruction du dossier. Pour la première année à Genève, vérifier ligne par ligne, pas de pré-remplissage utilisable.

6. Pièges

Piège

L’AFC ne peut pas modifier votre adresse — c’est l’OCPM qui transmet. L’administration fiscale ne dispose pas du pouvoir de modifier l’adresse du contribuable, ce changement passe par l’office de la population . Tant que l’OCPM n’a pas l’adresse à jour dans le registre cantonal, l’AFC envoie tous ses courriers — bordereaux, demandes de renseignements, rappels — à l’ancienne adresse. Conséquence directe : un déménagement non signalé à l’OCPM produit une cascade silencieuse de courriers AFC perdus, suivie d’une taxation d’office si la déclaration n’est pas déposée. La discipline est de signaler tout changement d’adresse à l’OCPM en priorité, l’AFC suit automatiquement.

Piège

Le rappel à 20 CHF tombe automatiquement sans demande de délai préalable. Le rappel n’est pas une formalité — il est facturé d’office dans les jours qui suivent le 31 mars si aucune déclaration n’a été déposée et aucune prolongation demandée. La voie sans risque consiste à demander un délai en ligne avant le 31 mars, même si l’on prévoit de déposer dans les jours qui suivent — la prolongation est gratuite, le rappel est facturé. Attendre le rappel pour réagir est toujours plus coûteux que prévenir.

Piège

Pour un nouveau résident à la source, la TOU n’est pas automatique. Les ressortissants étrangers permis B sont imposés à la source par leur employeur tant que leur revenu brut annuel reste sous 120 000 CHF (seuil 2026 inchangé). La taxation ordinaire ultérieure (TOU), qui permet de récupérer un éventuel trop-prélevé via une déclaration ordinaire avec déductions, doit être demandée par formulaire dédié avant le 31 mars de l’année suivant la perception. Le délai forclos. Une demande tardive est rejetée sans appel — la déduction des frais professionnels, des intérêts hypothécaires ou des cotisations 3e pilier est perdue pour l’année concernée.

7. Pour aller plus loin

L’AFC est l’interlocuteur fiscal du résident, mais elle n’agit pas seule. L’adresse de référence est tenue par l’OCPM (la cohérence des deux registres conditionne la bonne réception des courriers fiscaux). L’imposition à la source pour les nouveaux résidents est un régime distinct de la déclaration ordinaire, avec ses propres délais et ses propres voies de rectification — le passage à la TOU est l’équivalent résident du basculement vers la déclaration ordinaire, parallèle au régime quasi-résident côté frontalier.

Les pages connexes du corpus traitent des situations associées : la mécanique d’adresse OCPM qui conditionne la communication AFC, la première annonce d’arrivée au canton, et l’imposition à la source frontalière comme régime parallèle pour un public différent.

Sources officielles